Attention !
Ateliers Ouverts 2008…
Tri sélectif d’artistes
Manifeste de soutien à la création sous toutes ses formes
La manifestation Ateliers Ouverts 2008 se veut conviviale et grand public.
Elle est exceptionnelle par son ampleur, par sa diffusion et sa dimension sociale. Son intérêt n’est plus à démontrer : c’est un évènement original et populaire. Des portes s’ouvrent, des propos s’échangent, hors les murs des lieux consacrés, qui offrent au tout-venant, aux curieux, la découverte de niches de créations artistiques dans toute la région.
Elle est organisée par l’association Accélérateur de Particules avec des soutiens financiers conséquents de la DRAC Alsace, La Région Alsace, le Département du Bas-Rhin, Les Villes de Strasbourg et Mulhouse. La participation des artistes équivaudrait à 10% du fonctionnement de l’événement.
Cette année, les organisateurs ont sélectionné les ateliers !
D’une inadmissible manière et avec un aplomb déconcertant, une petite équipe a procédé à une sélection que six (huit ?) « représentants du monde artistique et culturel régional » ont validé. « décision courageuse en ne prenant que 160 ateliers sur 210 postulants. (le nombre d'artistes n'était pas limité) » disent-ils. Du haut de leur piédestal, avec l’assurance de sommités, ils ont tranché avec un arbitraire scandaleux : il y aura les admis (les « artistes », les confirmés, les reconnus, les publiables,…) et les autres (les refusés, les non montrables, les bannis, les rejetés, les maudits, les mauvais élèves ...) ; sur un choix simplement argumenté : « Il y a eu parfois un problème de qualité des documents visuels envoyés » !
Sur fonds de subventions publiques, ils trient les artistes !
L’association subventionnée est-elle habilitée et soutenue dans cette attitude d’autorité sélective ? Elle s’arroge le droit de juger ce que le grand public peut voir. « Victime de sa rigueur et de son importance dans le paysage culturel régional? » comme ils disent … Peut être victime d’un manque de financement, peut être victime de son succès, voilà une association qui fonctionne avec un arbitraire peu conforme à l’esprit associatif. Elle s’offre le luxe peu enviable du souverain : elle dit pour le public ce qui est à voir.
Le hic : Ils disent pour le public où est la qualité artistique …
Il fallait, paraît-il, passer à 160 ateliers. Pourquoi pas 170 ? ou 210 ?
Quand bien même cette limitation trouverait une justification d’ordre technique pour une mise en page ou bien d’ordre financier, (l’art local saurait alors à quoi s’en tenir…) elle n’aurait pas à faire l’impasse d’une procédure claire et honnête.
Annoncé : Les participants devront être artiste plasticien, avoir un atelier, avoir une formation artistique, ou avoir déjà exposé, ou être inscrit à la Maison des Artistes (AGESSA pour les photographes). Le choix sera fait […] suivant les conditions énoncées ci-dessus ainsi que sur la qualité du travail plastique. Chacun appréciera la portée de la dernière assertion et comprendra le hic de l’histoire...
Là où ça se complique, c’est quand l’organisation ose ensuite affirmer dans une tribune libre : « Pas de jugement mais un choix de s’inscrire dans la contemporanéité ». On comprend alors le flou et l’arbitraire de cette sélection qui ne dit pas son nom : du tri sélectif qui présume de l’état de l’art régional.
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Ils arrêtent la sélection sur un visuel
« La sélection s'est faite sur les visuels uniquement et anonymement. » Que de contradiction… mais alors faut-il être « représentant du monde artistique » pour procéder à cette « courageuse » sélection par l’absurde ? : Un problème de qualité des documents visuels envoyés sur internet et c’est l’exclusion ?... Peut-on vraiment qualifier une oeuvre d'art simplement sur une photo envoyée sur le net ? A-t-on le droit encore de ne pas maîtriser parfaitement l'informatique tout en étant quand même dans une recherche d'artiste?
Et quid des artistes sélectionnés l'an passé, mais refusés cette année? Leur capacité à gérer leur visuel informatique s'est elle détériorée ? Bizarre! Le flou de l'arbitraire se confirme puisque, tout d'un coup, c'est la pratique qui serait l'enjeu de cette sélection.
Enfin, est-il correct de modifier la donne en cours de route : d’une part non respect des critères annoncés, d’autre part délais non respectés pour accueillir des artistes retardataires... ?
Ils décrètent des lieux de qualité
Derrière toutes ces incohérences se profile la question centrale de la qualité : se limite-t-elle à des espaces professionnels, à de « vrais » ateliers fonctionnels (le choix aurait trouvé là une légitimité) ? Il faut reconnaître qu’avoir comme atelier son appartement, c'est presque le commun de beaucoup de créateurs! (Que dirait Magritte ?)…L’artiste ouvre son salon pour un accrochage de tableaux : il faut le comprendre dans son contexte, dans son laboratoire, sa cuisine, son grenier, qu'il a réorganisé avec plaisir, mais aussi avec un investissement souvent conséquent. Qu’on le laisse donc s’exposer…
Pour les visiteurs qui veulent de l’Art, avec un Atelier qui sent l’huile, un tablier plein de tâches, des conventions et des représentations bien établies, qu’ils sélectionnent eux-mêmes avec leurs propres critères !
Ils jouent l’ouverture
Il y a la tribune libre sur le site internet. Elle a le mérite d’exister. Profitez-en !
Il y aura une enquête. Mais à quoi bon s’exprimer puisque le bon grain est déjà séparé de l’ivraie ?...D’ailleurs, l’an dernier « L’enquête des publics révèle qu’une grande majorité des artistes ne souhaitent pas de sélection »...alors ???
Les ateliers ouverts, ce devrait être un moment privilégié où les artistes de tout bord peuvent montrer leurs travaux et les visiteurs se faire leur avis sans censure : laissons la sélection aux galeries qui savent fureter dans ce vivier original ! Qu’une galerie fasse des choix déterminant la qualité des œuvres qu’elle va exposer relève de l’évidence commerciale. Mais l’objectif des ateliers ouverts n’est pas de vendre mais de montrer : certains galeristes en profitent d’ailleurs pour aller à la pêche aux nouveautés…
Ils divisent plus qu’ils ne mobilisent
Question aux organismes financeurs : quel intérêt voyez-vous à soutenir une association qui divise plus qu’elle ne mobilise ? A quelle hauteur financière apportez-vous votre soutien à cette manifestation qui pratique l’arbitraire ?
Les réactions sont plus ou moins vives et hélas nombreuses : il y a bien sûr des refusés déçus, surpris, mais aussi des « élus » qui n’admettent pas qu’on pratique l’épuration sur des critères douteux …, des « admis » soucieux de participer à une manifestation originale et variée…des artistes qui boudent la manifestation pour n’avoir pas trouvé de « répondant » assez fort…et ceux qui ont décidé de se prendre en main, artistes isolés qui ouvriront quand même (ils sont plus nombreux qu’on ne le croit), ou regroupés en galerie…
Le public mesurera le nombre d’artistes présents au lieu dit le Bastion à Strasbourg, lieu particulier de soutien aux créateurs. Il profitera de création de salon off et de l’ouverture « sauvage » d’ateliers…
Pour toutes ces raisons,
Nous dénonçons une pratique arbitraire de tri sélectif !
Nous soutenons toutes les formes d’exposition et d’expression
de tous les artistes pour le public
Contacts : ireff@club-internet.fr et pkj1@free.fr Ne pas jeter sur la voie publique